12.11.04

5ème séance

séance du 10 novembre 2004

Encore le petit studio de 14 à 16 heures. C'est en sous-sol, rectangulaire, d'environ 50 m2 avec un recoin dans le fond. On entend les voitures passées dans la rue, le métro en-dessous et l'eau qui s'écoule ou dévale les colonnes, plus le ronronnement des lampes, au mercure je crois. Tout cela fait un excellent accompagnement. J'arrive d'un tournage en extérieur, je suis fatigué. Je ne me change pas, enlève mes chaussures, mes chaussettes. Je porte un pantalon militaire kaki et un polo de coton beige. Je place la caméra dans le sens de la longueur de la salle et me met devant un des piliers d'un mur. Je vais travailler les mouvements élaborés lors des séances précédentes. Je commence par un échauffement, un pied posé sur l'autre, lui-même bien à plat sur le sol. En équilibre, j'attends de voir où mon corps m'entraîne ; j'oscille, bascule, remonte, tangue ; mon pied reste bien à plat sur le sol ; je retrouve une position stable ; je ferme les yeux ; très vite je bascule, ma jambe se soulève, je me balance et tente de me rétablir avec le bras droit en arc de cercle au-dessus de la tête ; ça aide ; ça marche mieux quand je tend l'autre bras à l'horizontal dans le prolongement de l'épaule et que ma main relevée, poignet cassé, doigts ouverts comme autour d'une sphère, balance de droite à gauche, comme pour composer la combinaison d'un coffre.
Toujours à la même place, je reprends le mouvement de la séance 3 (main en l'air descendre remonter dans le dos). La remontée dans le dos me fait mal au bras, je suis fatigué, pas envie d'insister, je m'en tiens à la main qui monte entraîne le bras, qui se tend (travailler la tension : entre quels deux points de mon corps ?) puis redescend. Je fais attention à la tension : dans la montèe, dans l'étirement, dans la descente. Je garde en tête : y a-t-il un début et une fin à ce mouvement ? quel est son rythme ? que produit-il dans l'espace? dans l'air ? Ce geste s'étire entre le poignet et le talon. Je sens une droite se dessiner au fur et à mesure que j'allonge le bras. Quand je relâche, je décide de garder le bras levé comme on fait à l'école, les os posés en équilibre les uns sur les autres. Je peux re-tirer sur le bras, le tendre, retrouver la droite poignet/talon, puis relâcher vers la position en équilibre. J'essaye avec l'autre bras. L'étirement est plus difficile. Je me déconcentre vite. Je pense à comment je vais décrire ce que je fais plutôt que de le faire. Le geste du début a donc évolué : il y a maintenant le bras le long du corps, la main qui monte et pose le bras en équilibre sur l'épaule, puis le poignet (la main garde une position nonchalante, légèrement tournée vers l'intérieur, les doigts courbes comme autour d'un bâton) tend le bras et tire le côté et la cuisse et la jambe, le pied (c'est nouveau) est bien à plat sur le sol. Tout le reste du corps est relâché : un bout d'étoffe pris entre les battants fermés d'une fenêtre ; presque : le bateau de fitzcarraldo qui grimpe quasi immobile la montage. Le bras peut ensuite se détendre et rester en équilibre ou bien continuer sa descente pour reprendre sa place le long du corps et passer le relais à l'autre bras. J'enchaîne les deux bras en marchant autour de la pièce.
Les muscles autour du bassin sont maintenant un peu douloureux. Je m'accroupis lentement sur mes talons, levé sur la pointe des pieds, en arrondissant mon dos, les bras ballants, la tête pendante. Cela me soulage.
Je reprends le mouvement apparu pendant l'échauffement : un bras en arc de cercle au-dessus de la tête, l'autre tendu dans le prolongement de l'épaule, la main oscillant autour du poignet comme pour ouvrir un coffre-fort. Je pense à un double flux allant de mes hanches à chacune de mes paumes. J'enchaîne avec le mouvement précédent.
Je voudrais commencer une impro, mais je suis trop fatigué. J'éteins la lumière. Je mets la camèra en position "filmage de nuit". J'essaie des mouvements de ciseaux/retournements allongés sur le sol, ça me fait mal. J'arrête. Je vais m'asseoir sur une chaise et m'endors quelque minutes. J'entends des gens qui discutent dans les pièces voisines.

Comment font les danseurs pour se rouler par terre sans avoir mal ?
Pour glisser sur le sol sans avoir mal ?

C m'avait parlé d'une vieille femme, amatrice de danse, qui fabrique ses chorégraphies en découpant et en collant les unes après les autres des photos de danse. Elle exécute ensuite, chez elle, dans son salon, les echaînements ainsi composés. Je vais découper des photos. J'appréhende le moment ou je vais devoir agencer ensemble tous les éléments du vocabulaire que j'élabore actuellement.

je n'ai pas encore visionné les cassettes des séances 1, 3 et 5.

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