17.3.05

22ème séance

séance du 10 mars 2005

Dans le petit studio de 9h à 11h. Échauffement (20 mn) puis les fauves

J'ai vite envie de changer ; je pense "faire durer" ; je fais durer ; je profite qu'un des fauves s'allonge et roule sur le dos pour un tombé du ciel qui vite s'énerve se dynamise ; je laisse tomber mes jambes et bras sur le côté, ils frappent le sol, je conserve l'écartement entre les membres ; les bras et jambes qui tournent autour du buste qui pivote sont très rapides violents et m'emmènent vers des tressautements : d'abord une main, un bras, le bras, une jambe par le pied et le mollet : je suis à terre sur le côté des parties de mon corps tressautent et se déplacent autour d'eux-mêmes

relevé sur mes quatre pattes, pensé cheval et fait cheval ; un pas espagnol : le dos creusé, les points d'appui — paumes, genoux — sous le ventre levés sèchement par diagonale le poignet cassé la main pend (levés comme on tire une ventouse, un presque plop!)
Plusieurs largeurs, les poignets s'habituent à ce poids inédit
Puis reviens aux fauves

Debout
je traverse sans les bras : je n'ai pas de bras ; mon corps s'enroule vers le sol, roule au sol, sans bras, je n'ai pas de bras
La marche d'abord d'un simple pied devant l'autre puis les jambes tendues légèrement concaves — c'est le genou qui gère — le pied à chaque pas se tend pointu le coup vers l'extérieur les bras ne peuvent qu'à leur tour (j'ai des bras maintenant) se placer devant l'abdomen, tendus-incurvés, la paume des mains offertes à un trois-quart intérieur : une béa-attitude (Le Gréco)
enfin, celle du devenir/gisant (j'ai noté appuyée et simple : ???)

Et

finie contre le mur ou plutôt bute et insiste contre le mur des pieds des mains de la bouche pour passer le mur le nier l'envoyer promener jusqu'à ce que la pression pivote le corps qui envoie bras et jambes par couple frapper ce mur à chaque demi-tour de pivot frapper le mur au plus haut possible
c'est la tête qui souvent fait rotule et finit par éloigner le corps la tête seule appuyée au mur pousse ultime décolle le corps repart en devenir/gisant

À terre
allongé et roule
les choses sont qu'elles font ce qui est
le corps tourne autour de la tête
les jambes montent et descendent en ciseaux font turbo — démultiplicatrices
jusqu'à toucher le mur

à plat ventre les pieds contre la plinthe
une main aux fesses comme une asperge (l'autre au bout du bras levé dans le prolongement du corps, posé sur l'épaule : la main sur le bras sur l'épaule — au sol!)
pousser des pieds pour avancer puis cambrer en arrière
les épaules et les genoux décollés du sol
je reste

je n'ai pas fait le sac oublié dans le métro le pauvre qui voit l'autre partir sans lui la chemise qui pleure "papa!"

Mais après quelques pas dans la salle

comme pour saisir un bouton (robinet ?) de cuisinière, le bras droit tendu pas trop vers l'avant à hauteur des hanches le pouce opposé aux quatre autres pour faire pince que le poignet pivote (ouvrir : anti-horaire) ;

le même bras du buste qui tourne un peu vers la gauche remonte et la main paume vers le bas incurvé en petit pont se pose sur ce qu'aurait été le col de cygne du robinet, la main gauche en pince-cloche (oie aux granulés) saisit plus bas la poignée et la tourne ; la même gauche descend dans le bac prend une assiette (le pouce —en haut — et doigts en pince plate) et du coude qui recule plie plus et avance avec pivot gauche des épaules le poignet se casse vers le bas et descend l'assiette dans l'égouttoir ;

deux pas latéraux sur la gauche + quart de tour du corps face à la fenêtre la main droite se referme autour de la poignée horizontale et poignet plus coude la descende verticale le coude recule entraînant la main qui s'écarte du corps et ouvre le battant ;

les deux bras tendus devant les avant-bras croisés comme appuyés à une balustrade trop haute (poids du buste sur l'avant presque pointe de pied) ;

demi-tour gauche quelques pas en diagonale (droite) le bras droit se tend les doigts en crochet vers le bas — le pouce fait balancier — passent dans la poignée horizontale du frigo et tire la porte qui s'ouvre vers soi il faut la contourner : le ventre s'efface, le dos s'arrondit en montant, le corps penche sur la gauche et vrille — un ver dans Dune, dans Abyss, dans Donnie Darko, dans Microcosmos ;

refermer le réfrigérateur contourner la porte de la cuisine juste derrière (un pas de côté et arrière simultanément les deux à la fois) sortir dans le couloir (droite) entrer dans le bureau (gauche) traverser en diagonale (droite) ;

jambes fléchies un genou à terre le buste en avant le bras droit plié à 90° avance de l'épaule la main en pince large verticale saisit la boîte d'archives tirer ; se relever en pivotant sur la droite et poser la boîte sur la table toute proche (hauteur 60 cm) ;

demi-tour traverser en diagonale (droite) puis à droite dans le couloir deuxième à gauche la main poignet tourné vers le haut au bout du bras tendu bas les doigts relevés en crochet soulever la poignée de la machine à laver entraînant le capot la main tordue du poignet doit lâcher et pivoter contact toujours avec le bord plastique (filet du moulage) de la manette relever le couvercle vertical ;

donc debout droit le bras droit relevé souple quasi 90° la main paume vers le haut les doigts vers l'avant (plus l'index et médium que les autres) ;

tourner la tête à gauche, le buste suit puis le pied droit qui devant le gauche passe (c'est un pas qui entraîne le corps dans un quart de tour avant) et devant la baignoire penché en avant tourné vers la droite le bras droit (épaule appuyée au mur de séparation bain/chiottes) saisir la douche sur l'étrier passer à la main gauche et encore du droit poignet cassé main en pince façon oie aux granulés ouvrir l'eau froide ;

ensuite je me suis assis


Depuis janvier j'ai vu : Frédéric Cellé - L’air de rien / Serge Ricci - Endless / Daniel Dobbels - Ni/Et + 10’ / Carte blanche à Brigitte Asselineau - Non dits / João Fiadeiro - I am sitting in a room different from the one you are now / Claudia Dias One woman show / Loïc Touzé - morceaux / Loïc Touzé et Latif Laâbissi - Love
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